Interview. Eurofeu répond à l’interdiction de mise sur le marché d’extincteurs
Le 12 mai dernier était publié au Journal officiel un arrêté du 3 avril 2023 portant sur l’interdiction de mise sur le marché d’un extincteur “1 kg à poudre à pression permanente” et prescrivant la mise en conformité d’autres extincteurs. Concerné par ce texte Eurofeu répondait quelques jours plus tard par un communiqué officiel, relayé sur LinkedIN. Directeur général adjoint chez Eurofeu, Dany Rousselot a accepté de répondre à nos questions sur le sujet.

Face au Risque. Pouvez-vous nous expliquer pour quelles raisons Eurofeu a été mis en demeure par la Dréal ?
Dany Rousselot. La Dreal a initialement procédé à des prélèvements de nos extincteurs en GSB (grandes surfaces de bricolage), dans plusieurs enseignes. Dans cette affaire, la Dreal adopte une approche « marché » et souligne qu’il y a des produits qui sont commercialisés sur le sol français, proposés et vendus en tant que produits français, alors que ce sont des productions asiatiques. Il faut savoir qu’historiquement, pour pouvoir apposer la marque NF sur nos produits fabriqués par un tiers, nous étions habitués à obtenir un agrément avec un numéro de certification en propre. Cela permettait d’identifier l’origine du produit et d’apposer sa propre marque sur le produit. C’est ce qu’on appelle le « portage de marque ». Cet arrêté révèle qu’appliquer les exigences liées à l’obtention de la marque NF ne permet pas de répondre à toutes les exigences commerciales du marquage CE.
Pourquoi y a-t-il eu une interdiction pour l’extincteur « 1 kg pression permanente » ?
D.R. Parce que c’est le produit le plus distribué en GSB (Grande surface de bricolage) à destination du grand public.
Il existe donc un deuxième passage de certification sur les produits importés, une fois qu’ils sont arrivés en Europe, pour permettre leur commercialisation sur le marché français ?
D.R. Tout à fait. Les produits qui ont été sélectionnés en Asie étaient déjà certifiés CE. Et nous avons procédé à des homologations NF. Nous les avons réhomologués pour la France, bien qu’ils étaient déjà homologués au niveau européen. Mais il est clair que pour ce qui est d’Eurofeu, nous ne souhaitons pas commercialiser en France des produits qui ne soient pas conformes à la marque NF. Comme nous le défendons au sein des organismes professionnels, nous voulons mettre en avant la marque NF, qui est un gage de sécurité pour les industriels et les clients. Nous avons donc réhomologués ces produits, sans difficulté puisqu’il y a des audits et des prélèvements tous les ans. Il y a un suivi régulier.
S’agissant de votre rôle au sein de la commission de la marque NF 074 – Extincteurs, les éléments de l’arrêté sur les marquages pourraient-ils devenir obligatoires pour toutes les marques par la suite ?
D.R. De fait, ce sujet est commun à la plupart de nos confrères. De toute façon, il faut aussi que nous jouions notre rôle pour éclaircir ou amender le NF 074 afin qu’il y ait une compatibilité entre les deux référentiels (CE et NF). Ils n’ont pas tout à fait la même vocation. Quand le NF 074 a été créé, nous n’étions pas confrontés à de l’importation de produits, ou en tout cas pas avec des importations hors d’Europe. Ce sont des points qui n’avaient pas vraiment été considérés par les professionnels à l’époque.
C’est l’occasion de faire preuve de transparence et d’améliorer le référentiel NF.
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