Transport de fonds : un marché structurellement en baisse
L’inexorable montée en puissance du paiement électronique, qui s’est même accélérée depuis la crise sanitaire, se fait au détriment de la circulation d’argent liquide et donc du transport de fonds. Cette profession explore de nouvelles pistes.

Le transport de fonds, une activité en perte de vitesse
Conséquence de la désaffection des particuliers pour l’argent liquide, le transport de fonds est en perte de vitesse depuis une dizaine d’années.
Les nouvelles technologies lui portent en effet préjudice : le développement exponentiel des ventes en ligne et l’accélération des paiements par cartes bancaires – avec ou sans contact – ont profondément modifié les habitudes de consommation du grand public.
Depuis une décennie, la profession a ainsi enregistré un recul de plus de 1 % par an en valeur et le phénomène s’est même accentué sur la période 2017-2019 : -2,5 % en moyenne, selon les statistiques publiées dans l’Atlas d’En Toute Sécurité.
Un effet accélérateur à cause du Covid
La crise sanitaire a encore amplifié la tendance : le marché a été en baisse de 9 % en 2020 pour revenir à 618 M€. Néanmoins cette chute n’est pas le plus mauvais score de l’histoire du transport de fonds d’après-guerre. Le pire s’était logiquement produit en 2003 (-11,6 %), après le boom provoqué par le passage à l’euro les deux années précédentes (+23,7 % en 2001 et +22,4 % en 2002), selon En Toute Sécurité.
En 2019, environ 65 % du nombre de transactions s’effectuaient encore en espèces à l’échelle européenne, avec des pourcentages assez différents selon les pays : 75 % en Allemagne et en Europe du Sud et 15 % en Europe du Nord. En Suède, par exemple, la part du cash est tombée à 9 % et les magasins ne sont officiellement plus tenus de l’accepter. On n’en est pas encore à ce stade en France, mais la décrue est inéluctable.
« À clientèle constante, le volume de cash collecté et traité a baissé de 5 % en 2019, notamment en raison du mouvement des Gilets jaunes et des grèves contre la réforme des retraites, mais aussi à cause d’une tendance générale à moins utiliser le cash. Cette baisse est supérieure à nos prévisions », souligne Patrick Lagarde, PDG de Brink’s France, filiale du n° 1 mondial du transport de fonds.
L’année suivante n’a fait qu’accentuer le phénomène : la pandémie a en effet eu des conséquences très tangibles. Une partie de la population a marqué une certaine défiance vis-à-vis des billets de banque, soupçonnés de transmettre le virus. Par ailleurs, les pouvoirs publics ont décidé de hausser le plafond du paiement sans contact de 30 € à 50 €, tandis que les commerçants se sont massivement équipés en matériel adapté à cette technologie, ce qui a fait bondir
Les plus lus…
Communiqué commun de l'Afrata (Association française de téléassistance), de la FAS (Fédération des ascenseurs), du GPMSE (Groupement des Métiers…
Dans quelles conditions, un lieu de travail n’est-il pas soumis à l’obligation de disposer de places de stationnement aménagées…
Communiqué commun de l'Afrata (Association française de téléassistance), de la FAS (Fédération des ascenseurs), du GPMSE (Groupement des Métiers…
Redoutées par tous, les défaillances de la sécurité privée ne se sont pas produites durant les Jeux olympiques. Bien…
La Dreal Normandie (Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement) a adressé deux mises en demeure le…







