Start-up de la sécurité : un écosystème fragile

11 mai 202310 min

Malgré une grande panoplie d’incitations gouvernementales, les obstacles sont nombreux pour qu’une start-up parvienne à maturité et au succès commercial. Dans la sécurité, les vraies réussites sont encore plus rares.

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Courtiser les start-up

C’est devenu à la mode, tant de la part des pouvoirs publics que des grands groupes ou encore des fonds d’investissement. Rien de plus valorisant que de démontrer que l’on soutient ces jeunes pousses. Cela signifie un certain dynamisme, une image rajeunie, une grande créativité… et permet parfois de décrocher le jackpot.

« Les multinationales n’ont plus du tout une attitude condescendante vis-à-vis des start-up comme cela a pu être le cas dans le passé. Au contraire, elles les regardent aujourd’hui avec convoitise », nous affirme Philippe Leclerc, responsable des programmes sûreté et sécurité de Safe Cluster, un pôle de compétences qui réunit environ 500 adhérents.

L’exemple américain

Dès les années 1990, la Silicon Valley californienne a popularisé le concept de start-up pour ce qui est de l’univers informatique. Il aura fallu les attentats de septembre 2001 aux États-Unis pour stimuler les initiatives dans la sécurité. Et depuis une dizaine d’années, on assiste à la prolifération de petites structures innovantes outre-Atlantique, parfois soutenues par les plus hautes autorités.

Le meilleur exemple à ce titre est la création de Palantir, spécialiste du big data pour les applications de sécurité, né en 2003 avec l’appui d’In‑Q‑Tel, le fonds d’investissement de la CIA. L’agence de renseignement a en effet pressenti qu’il ne fallait pas passer à côté de cette opportunité dans un domaine aussi stratégique que la gestion globale d’informations sensibles. Pari gagné : après des débuts difficiles, Palantir est aujourd’hui le leader mondial de ce créneau avec un chiffre d’affaires de 1,9 Mrd$ en 2022. Devenu rentable, il réalise 60 % de ses ventes avec des agences de renseignement, les forces régaliennes… y compris les services de renseignement français.

Un spécialiste français du renseignement

Un tel risque pour la souveraineté française a vite été analysé par les pouvoirs publics qui ont cherché une alternative nationale. Ils semblent l’avoir trouvé avec Preligens, une start-up parisienne créée en 2016 spécialisée dans le renseignement militaire par intelligence artificielle (IA). Dès l’année suivante, elle a travaillé pour la Direc

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