Eaux d’extinction : les nouveautés des guides D9 et D9A
Afin de prendre en compte les nouvelles problématiques liées au dimensionnement des eaux d’extinction d’incendie et de leur mise en rétention, les guides pratiques D9 (appui au dimensionnement des besoins en eau pour la défense extérieure contre l’incendie) et D9A (dimensionnement des rétentions des eaux d’extinction) ont été mis à jour en 2020, à l’initiative des ministères de l’Intérieur et de la Transition écologique, de France Assureurs et de CNPP.

D9 – Guide pratique d’appui au dimensionnement des besoins en eau pour la défense extérieure contre l’incendie
Le guide pratique D9, accessible gratuitement ici, fournit des outils permettant, d’une part, de calculer les débits d’eau nécessaires pour éteindre efficacement un incendie, en plus de l’éventuelle utilisation de moyens d’extinction automatique. Et d’autre part, d’identifier les moyens permettant d’y répondre (poteaux et bouches incendie, réserves d’eau sous forme de cuves, de bâches ou de bassins).
Les calculs doivent refléter au mieux les besoins en eaux nécessaires à l’extinction de l’incendie par les services de secours en fonction des situations. À ce titre, le D9 propose trois méthodes à appliquer.

Les trois méthodes du D9
- Une première méthode concerne les immeubles d’habitation, bureaux et immeubles de grande hauteur. Elle définit les débits minimaux, le nombre de points d’eau et les distances de ces points avec l’immeuble et entre eux, sur la base de la hauteur, du nombre d’étages et des distances séparant les logements des escaliers.
- La deuxième méthode s’adresse aux établissements recevant du public (ERP). Les besoins en eaux d’extinction sont définis en fonction de la classe de l’ERP (c’est-à-dire de l’activité pratiquée) et de la surface des locaux. Outre le débit d’eau nécessaire à l’intervention, la méthode définit également les distances maximales à respecter séparant les points d’eau des locaux à protéger, et séparant les points d’eau entre eux.
- La troisième méthode permet de dimensionner les besoins en eaux pour les risques industriels. Elle repose en premier lieu sur la définition de surfaces de référence, c’est-à-dire des surfaces continues et non recoupées par des dispositifs coupe-feu 2h (EI120 ou REI120). Il s’agit de la surface théorique maximale en feu en cas de non-maîtrise d’un incendie d’une durée minimale théorique de 2 heures. La méthode de calcul pour les risques industriels prend en compte la surface au sol et la nature des opérations réalisées sur les surfaces de référence (différents types de stockages ou d’activités industrielles ou artisanales). Et elle associe à chaque stockage ou activité un niveau de risque (risque faible, risque 1, risque 2 ou risque 3) proportionnel à sa dangerosité, sur la base de la charge calorifique susceptible d’être présente et des retours d’expérience. D’autres paramètres influencent également le calcul : hauteur des stockages présents, type de construction, modalités d’intervention de l’exploitant et, depuis la mise à jour de 2020, présence de matériaux aggravants.
Une nouveauté : les matériaux aggravants

En effet, la récente mise à jour du D9 voit l’apparition des matériaux aggravants, qui impactent à la hausse le débit calculé par la méthode D9. On retrouve par exemple les planchers en bois, la présence de certains fluides combustibles, les panneaux photovoltaïques…
Un point particulier a été apporté au sujet des panneaux dits « panneaux sandwich »,
panneaux isolants constitués d’une mousse de polyuréthane ou autre isolant combustible insérée entre deux couches de matériaux incombustibles. Ils peuvent amener à un surclassement du risque de la zone concernée, en raison de la dangerosité particulière et de la cinétique des incen
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