Dans nos archives – Feux de chantiers, risque maximum
Hélas, l’incendie survenu à Notre-Dame de Paris le lundi 15 avril 2019 n’est qu’un feu parmi tant d’autres à avoir éclos lors de la phase délicate de travaux. Les monuments historiques sont particulièrement fragiles. Retour sur trois incendies emblématiques survenus lors de chantiers.

Qu’ils éclatent au cœur d’un paquebot prêt à être livré, dans les combles séculaires d’un monument historique ou dans les entrailles d’un multiplex, ces feux évoluent dans des environnements encore vierges de tout système de sécurité, alors que les risques y sont maximum…
L’Hôtel Lambert : feu de combles
L’Hôtel Lambert, construit en 1640, se dresse à l’extrémité de la prestigieuse Île-Saint- Louis à Paris. Classé monument historique en 1862, il est composé d’un rez-de-chaussée (hall, communs, dont la célèbre galerie d’Hercule préfigurant la galerie des glaces) et de deux étages d’appartements. Accessible par une large cour menant à un escalier monumental, il dispose d’un parc bordant la Seine. Il s’étend sur près de 2 000 m². En complète restructuration depuis 2011 (pose d’ascenseur à véhicules, de climatisation, de parking sous le parc…), il est victime d’un incendie dans la nuit du 9 juillet 2013.
Effondrement de plafond
Alertés par les riverains (fumée puis flammes s’échappant en toiture), alors que la dernière ronde a semble-t-il été effectuée par le gardien du chantier vers 22 h, les pompiers qui se présentent vers 1 h 30 découvrent, après être entrés dans la cour principale, un violent feu de combles en cours de développement.
Initialement conduite depuis l’intérieur par les escaliers encadrant le sinistre, l’attaque va se compléter depuis les échelles et bras élévateur, puis à partir des immeubles contigus, un instant menacés. Dix lances sont établies. L’origine de l’incendie, inconnue, est soumise à enquête. L’incendie a essentiellement concerné le volume de combles non recoupés, ajouté de quelques points de chute à l’étage inférieur.
Maîtrisé vers 7 h 30, il a mobilisé de longues heures les secours. Ils se sont employés à combattre le feu qui ravageait les charpentes sous toiture, protégées de l’eau des lances par une épaisse couverture d’ardoises « à l’ancienne », particulièrement résistantes aux moyens de découpe et perforation. Il est en effet nécessaire, dans ce type de sinistre, de créer des exutoires pour atteindre, d’une part, les foyers et, d’autre part, stopper la propagation horizontale. Corollaires aux feux de combles, nécessitant de gros débits d’eau, l’effondrement de planchers vers les niveaux inférieurs et les
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