TMS : l’exosquelette en question chez Colas

27 avril 20218 min

Le groupe Colas, spécialisé dans la construction, l’entretien et la maintenance des infrastructures de transport, a déployé sur ses chantiers des exosquelettes destinés aux compagnons chargés de mettre en œuvre manuellement l’enrobé sur la chaussée. Johann Goineau, chef de projet innovation à la direction Innovation de Colas SA, revient pour nous sur l’histoire de l’ExoPush.

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Face au Risque. Pour commencer et bien comprendre de quel équipement nous parlons, pouvez-vous nous expliquer ce qu’est l’ExoPush et quels sont ses bénéfices pour la santé des opérateurs ?

Johann Goineau. Développé avec la start-up RB3D, l’exosquelette ExoPush est un râteau cobotisé (la cobotique est la coopération d’un robot avec l’humain et non son remplacement) qui démultiplie la force du compagnon qui l’utilise. Il peut pousser jusqu’à 50 kg au sol. Il se compose d’un harnais, d’une jambe de force et d’un manche télescopique qui détecte l’intention de l’utilisateur et amplifie son geste. La jambe de force reporte le poids de charge au sol pour améliorer la posture et le confort de l’utilisateur.

L’ExoPush démultiplie par cinq les efforts de l’opérateur, qui passent par le pied et non par le dos. Il évite ainsi les postures excessives, l’angle d’inclinaison du dos passant de 50° (avec un outil traditionnel) à 20°. Il stabilise également le rythme cardiaque et diminue ainsi l’état de fatigue de l’opérateur. Enfin, l’outil étant plus large, il permet de déplacer plus de matériau et de diminuer la fréquence gestuelle de l’ordre de 30 %.

Exosquelette ExoPush - TMS. Photo Colas SA

Quelle est l’origine de ce projet ?

J. G. Le projet a démarré en 2009 à la suite d’une demande de l’agence Colas Genève qui souhaitait améliorer les conditions de travail des travailleurs manuels. Le cas d’usage était le tireur d’enrobé, à savoir le compagnon qui va mettre en œuvre manuellement les enrobés à chaud là où il est impossible de le faire mécaniquement (trottoirs, petite allée piétonne, milieux urbains…).

Suite à une rencontre sur un salon en 2011, le partenariat avec la start-up RB3D est né. En 2014, un premier prototype a été testé. Un vrai travail de co-construction s’est mis en place pour améliorer la facilité d’utilisation, l’ergonomie, la mobilité. À chaque prototype, des essais étaient réalisés sur le terrain.

En 2017, six exosquelettes ont été testés dans six agences. En 2018, trente-trois ExoPush ont été déployés. Actuellement, on en compte quatre-vingt-trois sur soixante-dix-sept agences et deuxcent- cinquante personnes ont été formées depuis 2018. Une nouvelle version est sortie en début d’année : RB3D travaille toujours sur la légèreté, la facilité d’équipement… L’exosquelette est notamment passé de 42 kg pour le premier pr

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