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Incendies et façades : état des lieux
La rénovation énergétique des logements, l’isolation thermique par l’extérieur, l’incendie de Grenfell et celui de plusieurs tours d’habitation françaises ont déclenché une réévaluation des risques liés aux feux de façade en France, débouchant sur une évolution de la réglementation.

Trois jours après le drame de la tour Grenfell à Londres, le ministre de la Cohésion des territoires en charge du logement, Richard Ferrand, demande au CSTB (Centre scientifique et technique du bâtiment) « de procéder à une évaluation rapide de la réglementation sécurité incendie en France ». Alors que le décompte macabre des victimes n’est pas encore achevé, le monde entier est sous le choc. Personne n’imagine encore qu’il s’agit du pire incendie survenu en Europe en temps de paix.
Les conclusions du CSTB
Au creux de son rapport post-Grenfell, le CSTB mentionne qu’il n’existe pas de définition réglementaire précise de ce qu’est une façade dans le code de construction et de l’habitation (CCH). Il est vrai que les textes les plus anciens datent des années 1970-1980. Une époque où les pratiques constructives concernant les immeubles de plusieurs étages privilégiaient la maçonnerie béton, avec parfois une isolation par l’intérieur. La paroi de béton isolée par l’intérieur à l’aide d’un isolant incombustible comme la laine de verre, derrière un écran thermique tel qu’une plaque de plâtre, c’était fantastique d’un point de vue du comportement au feu ! Car l’utilisation de ces matériaux éloignait bon nombre de risques orientés vers la façade, en favorisant le compartimentage intérieur tout en éloignant la propagation du feu par l’extérieur.
Le risque d’incendie de façade n’était finalement prégnant que dans le parc résidentiel des stations de montagne, où la technique traditionnelle du bardage bois a toujours été très présente.
La politique de rénovation énergétique des logements, initiée en France par la RT 2007, et la pratique de l’isolation thermique par l’extérieur (ITE) sont venues rebattre les cartes. On est ainsi passé d’une quasi-absence d’isolant en façade en 1982 à des épaisseurs pouvant atteindre jusqu’à 38 cm, rappelle le CSTB. Le drame de Grenfell est venu pointer du doigt un certain nombre de défaillances possibles. Déclenchant une salutaire réévaluation des risque
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